Retrouver Philippe Jaenada, (après « Au printemps des monstres » et « La désinvolture est une bien belle chose »), est à chaque fois un plaisir de gourmet. Connaître désormais l’homme, en aimer la simplicité et l’empathie, aide certes beaucoup à lire l’écrivain, mais chaque nouvel ouvrage a sa couleur, son atmosphère, son rythme.
« L’inconnue du quai de Javel », au-delà de l’enquête rigoureuse, est un instantané de ces années d’après-guerre, foisonnantes et si difficiles pour les « petites gens ». On y apprend un tas de choses, c’est émouvant, parfois bouleversant, souvent très drôle.Tâcher d’en rendre fidèlement les nuances a été pour moi un bonheur de tous les instants.
Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c’est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d’un roman de Simenon, mais l’inspecteur-chef Ferrière n’a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l’affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l’enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux – remonte le temps.
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