J’aime beaucoup Philippe Jaenada. L’écrivain, avec sa pensée-ricochet, ses digressions, ses confessions coq-à-l’âne, ses parenthèses dont il faut se dépatouiller quand on le lit à voix haute. Ses mises à nu.
Mais j’aime surtout l’homme. Ses bistrots improbables, où il jette un regard implacable et attendri, empathique et lucide sur ses contemporains. Car il aime les gens. Sans illusions, mais au bout du compte avec une immense tendresse. J’ai aimé le rencontrer, nous découvrir une multitude de points communs, nous efforcer de surmonter nos pudeurs.
Enregistrer « la Désinvolture » a été un voyage, passionnant et bouleversant, un humble moyen de lui montrer mon affection. Une immersion qui laisse des traces. Kaki Harispe, tout comme Solange Léger dans «Au Printemps des assassins », ou Pauline Dubuisson dans « la Petite sauvageonne » resteront présentes à jamais dans mon esprit.
Sortie du livre et de l’audio le 21 août.
« Tandis qu’au volant de sa voiture de location, il fait le tour de la France par les bords, Philippe Jaenada ne peut s’ôter de la tête l’image de cette jeune femme qui, à l’aube du 28 novembre 1953, s’est écrasée sur le trottoir de la rue Cels, derrière le cimetière du Montparnasse. Elle s’appelait Jacqueline Harispe, elle avait vingt ans, on la surnommait Kaki. Elle passait son existence Chez Moineau, un café de la rue du Four où quelques très jeunes gens, serrés les uns contre les autres, jouissaient de l’instant sans l’ombre d’un projet d’avenir. Philippe Jaenada a cherché à savoir, à comprendre pourquoi une si jolie jeune femme, intelligente et libre, entourée d’amis, admirée, une fille que la vie semblait amuser, amoureuse d’un beau soldat américain qui l’aimait aussi, s’est jetée, un matin d’automne, par la fenêtre d’une chambre d’hôtel. »